Rock, amour and beautiful cosmos

how far is far

You are the centre of your little world and I am of mine.
Now and again we meet for tea, we’re two of a kind.
This is our universe, cups of tea.
We have a beautiful cosmos, you and me.

Ivor Cutler – Beautiful cosmos (via Keith)

Ce week-end, le rock et l’amour m’ont travaillée. Des abandons, des avancées et une nouvelle amitié m’y ont menée. Quel est ce “rock et amour”qui me travaille tant ? C’est tout d’abord une expérience de réception, puis de circulation par remise en émission. L’artiste, créateur de la pastille originelle, ce qu’il y met et son intention, ses paroles (1), ne sont pas ce qui me travaille. La porte d’entrée que j’envisage au “rock et amour”, le véritable début de son édifice, ce n’est pas l’oeuvre mais l’instant de la coïncidence et de l’agrégation qu’il provoque en nous. Un inénonçable faiblit à la lumière de ce nouveau jour : quelque chose se passe. C’est le point de départ de ce que je veux explorer, comment les oeuvres deviennent des unités parmi les unités, que nous imaginons constitutives de nous mais surtout comment, de là, une sorte d’esthétique seconde, partant du récepteur, s’opère. Yves Citton (2) parlerait peut-être d’interprétation. Le mouvement que j’essaie de définir est d’une autre nature : c’est celui d’un amatorat tel que définit par Bernard Stiegler, celui de personnes « cultivant un rapport au temps qui fonde un rapport aux œuvres » (3), qui « muées par la curiosité et la passion de la connaissance, tentent de créer leurs propre espace émancipatoire » (4), mais également, dans le cas qui m’occupe, d’en partager les accès. Les cercles peuvent être plus ou moins proches, des béguins et des amitiés à de plus larges audiences (blogs, revues, édition, associations…), comme autant de communautés à créer. L’énergie, celle de l’affect, reste de même nature à chacun de ces niveaux : c’est le “rock et amour” que je veux nommer et pour lequel j’ai tant à travailler, et dont la question du célibat de la subjectivité est évidemment centrale, même si je pense qu’elle peut être dépassée par ce que l’esthétique seconde peut, dans ses rebonds, provoquer. Mais, d’abord, profiter de Walter, mon petit enfant, tout enjoué par cette belle journée de septembre, de cet amour doux, entier et instantané, de cette immense chance que l’on a de s’être rencontrés. Rock et amour : je te reverrai !

(1) Voir à ce sujet l’appel du colloque international sur le rock et l’amour qui aura lieu à l’Université Paul Valéry, Montpellier 3, le 16 et 17 avril 2014, coordination Claude Chastagner.
(2) Yves Citton, “L’avenir des humanités. Economie de la connaissance ou cultures de l’interprétation ?”, Paris, Editions La Découverte, 2010, 203 pages
(3) Bernard Stiegler, « Le temps de l’amatorat », paru dans Alliage, n°69 – Octobre 2011, mis en ligne le 17 juillet 2012.
(4) Josep Ramoneda, « Rompre les inerties : l’engagement du CCCB », communiqué de presse sur la création de l’Institut de Recherche et d’Innovation, direction Bernard Stiegler, Centre Pompidou, 2009, p. 11

Dessin : How Far is Far? by Alvin Tresselt and Ward Brackett, 1964 via Stopping off places


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