“Le Mal”, ennemi en embuscade

“(…) le mal n’est pas un mystère, si on nomme mystère “une réalité d’une telle intensité que, à mesure qu’il s’y engage, l’esprit ne parvient pas à la circonscrire”. Dieu est un mystère, ou l’univers, ou la vie, ou l’amour – mais il n’y à pas de mystère du mal, “pour la bonne raison que celui-ci n’a pas d’essence, aucune densité: à titre de vide, de corrosion, il est un “rien”.”

“(…) la lézarde qu’il laisse voir au sein du bien, la présence de l’échec au sein du projet, de la rupture au sein de l’amour, de la malveillance au sein de la bonté, de l’orgueil lové dans l’humilité, du mensonge au creux de la confiance, de l’offense au milieu du respect”

“Si l’homme est fasciné par le mal, c’est qu’il perçoit confusément qu’en le commettant il serait “enfin” la cause première de “quelque chose”. Le voilà enfin au niveau de Dieu.”

Robert Maggiori,Le Mal – Ennemi en embuscade sur “Le mal” de François-Xavier Putallaz, Éditions du Cerf in Libération du jeudi 23 novembre 2017.

Également : The Chap, “I am the emotion”, démo, 2017 ; Evan Crankshaw, “Papillon”, ongoing movie project, still on works, 2017 | Peinture d’illustration : Iveta Plna (voirLa visite de l’ombre, Studio Walter, 2015).


Le theâtre de l’éclat

Le theatre de l'eclat – Week-end fest

Qu’est-ce-qui fige l’instant ? Qu’est-ce-qui tresse les moments d’éclats, où le réel s’intensifie ? Alors que les évènements récents dérobent le sol sous moi et que je dois, comme bon nombre, travailler à une nouvelle grille de lecture du monde qui prenne en compte les changements récents de paradigme et que je m’interroge sur la culture et le sens de nos métiers, sort une vidéo rétrospective du festival Week-End à Cologne où je suis allée au mois de novembre 2014, qu’accompagne un morceau extrêmement mélancolique d’Amen Dunes.

Comme producteurs et diffuseurs de performances, d’évènements, notre métier, notre action, tiens sur l’idée de microtopie : la création d’espaces temporaires où les idées se diffusent et les personnes se relient. Sans œuvres, sans matérialisation de l’esprit, sans les risques pris par les artistes pour donner du monde une écriture propre, nous ne serions que des flux de pensée célibataires, sans possibilités de se relier. La culture, comme ensemble d’œuvres, forme un espace de la même façon qu’une bibliothèque, par ses îlots d’objets, forme un territoire d’idées.

Cet espace est d’abord celui de l’individu, dans le sens ou la combinaison des œuvres qui nous croise est unique. Il est aussi la somme des espaces que nous formons avec les œuvres, ces triangles de mystère qu’évoque Magritte (1). Il est aussi ces moments, comme Week-End festival, comme d’autres évènements, où l’émotion vécue avec l’œuvre peut ouvrir l’éclat comme un espace partagé et, devenant un marqueur commun, une expérience partagée, donner assise à une communauté, jouant un rôle autant esthétique que social.

Former lieu : le travail et le soin que déploient Jan, Joerg et Theresa pour le festival Week-End, comme celui de nombreuses personnes avec qui je suis amenée à être en échange par mes activités, se fonde sur le désir de donner espace aux éclats qui nous habitent, et de réunir dans une temporalité une communauté d’habités. Ces lieux, au contraire des sanctuaires et des musées, sont en mouvement, ouvrant ainsi à l’intensité comme à sa fermeture et sa perte – la nostalgie du morceau d’Amen Dunes. Mais lorsqu’il prend théâtre, l’éclat relève le réel en y accolant une couche de beauté, d’âme et de réunion aujourd’hui plus qu’essentielle, donnant espace et présence à ce qu’il y a en nous de plus profond et d’inépelé, ainsi qu’à sa possibilité de le partager.

Croire. Malgré tout. En l’émotion, son partage et sa circulation, en continuant à agir dans l’échelle qui nous est donnée. Et travailler, quand nous le pouvons, à ouvrir ces espaces d’éclats et de communauté.

  • Week-End festival, Stadthall Mülheim, direction artistique Jan Lankisch. Images : Janosch Pugnaghi & Viktor Rosengrün.
  • Glenn Branca, Symphonie n°16 “Orgasm” pour 100 guitares, basses et batterie, vendredi 20 Février 2015, Julie Tippex / Philarmonie de Paris.
  • David, Maëlle, Anna / Pascal / Pierre

(1) “Le sentiment que nous éprouvons pendant que nous regardons un tableau n’est pas à distinguer du tableau ni de nous-mêmes. Le sentiment, le tableau et nous-mêmes sommes réunis en notre mystère.” – René Magritte, Ecrits complets, Flammarion 2009. Citation complète.


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