Suspended Spaces au BPS22, Charleroi

Le BPS22 de Charleroi, Musée d’art de la Province de Hainaut, inaugure ce vendredi 15 juin 2018 une exposition consacrée au travail du collectif de chercheurs et d’artistes Suspended Spaces, collectif où l’artiste, dit leur manifeste, est considéré au même titre que le chercheur comme participant à l’élaboration d’un discours philosophique sur le monde contemporain. Les recherches des chercheurs et artistes de Suspended Spaces tournent autour de territoires géographiques dont le devenir a été à un moment donné empêché pour des raisons politiques, économiques ou sociales : “les espaces en suspend et en suspens” comme Famagosta, cette ville chypriote envahie par la Turquie en 1974 et depuis coupée en deux, un des quartiers finalement déserté par ses habitants pour devenir une ville fantôme, en attente de la résolution du conflit. Avec des oeuvres de Ziad Antar, Kader Attia, François Bellenger, Filip Berte, Marcel Dinahet, Yasmine Eid-Sabbagh, Maïder Fortuné, Lamia Joreige, Valérie Jouve, Jan Kopp, Bertrand Lamarche, Lia Lapithi, Daniel Lê, Armin Linke, André Parente, Françoise Parfait, Sophie Ristelhueber, Mira Sanders, Stéphane Thidet, Eric Valette, Christophe Viart, Mehmet | Plus d’informations | Maider Fortuné, La Baleine, 2014-2015, Collection de la Province de Hainaut en dépôt au BPS22


3/4/15 — 2:41pm

JF Magre - 3415 241pm


Les tracés

Molecules and Motion by Jon Ogborn (1973)


Impressions d’espace (automne à Berlin)

Yves-Klein-4

Le 1er novembre, au colloque “Interstices / Aesthetic spaces of expérience in the arts” organisé par ICI Berlin Institute for Cultural Enquiry, j’ai pu assister a une très intéressante communication d’Helga de la Motte-Haber, psychologue et musicologue allemande née en 1938, sur la perception et les impressions d’espaces convoyées par l’art et la musique: “Space impressions conveyed by music and sound art : mind expanding illusion”.

En repartant de la peinture (Yves Klein, Malevich, Rothko) et des installations de James Turrell qui proposent pour certaines un espace infini comme celui accessible aux cosmonautes ou aux voyageurs de l’Arctique, elle aborde “le lointain” chez Debussy et les notations d’espaces, véritables architectures intégrées, dans les oeuvres de Varèse. Dans les oeuvres les plus récentes, elle évoquera l’installation “Cosmiconkascade” de Tim Otto-Roth (2009), composée de 16 capteurs de rayons, destinée à représenter l’activité énergétique permanente qui nous entoure pour terminer en ouvrant sur la question du soleil et de la lumière.

Au coeur de son intervention, la question de l’accès à la quatrième dimension, celle de l’espace et du temps dans l’art, par-delà ce que nos sens nous permettent, est centrale. Alors qu’Helga de La Motte-Haber aborde l’imagination comme producteur, agrégateur de cette dimension là, mais également la spiritualité (notamment chez Klein et Turrell), se pose à moi la question de l’abstraction, de la capacité abstractive, comme voie d’accès à ce que seule l’intuition nous permet jusqu’alors d’approcher, au-delà des capacités de nos sens (le noumène, la chose en soi, le Ding an sich, ce qu’on voudra).

Cette question, je la tiens de Michel Carrouges dont j’ai enfin eu la chance de lire “Les machines célibataires” (Le Chêne, 1975), ce qu’il écrit sur le “Grand verre” de Duchamp (“De même qu’une ombre à deux dimensions est projetée par un objet à trois dimensions, de même un objet à trois dimensions est une projection d’une chose à quatre dimensions que nous ne voyons pas…”) et Pawlowksi (“La quatrième dimension, qui ne ressemble à aucune des autres, mais les englobe toutes et les domine, c’est le pouvoir d’abstraction de la conscience humaine, capable de tout dissocier et tout réinventer.”)

Aux nombreuses questions ouvertes par le livre de Carrouges, se superposait en moi en vague la belle expression de Jocelyn Benoist sur la subjectivité, et l’homme démiurge de son monde représenté :  « dans la culture de l’affection et des pensées, dont l’expérience constitue la teneur du retour à soi, il ne faut voir que le ressac du monde, le retour à soi étant retour du monde à soi, non pas dans la clôture de ses jeux, mais dans le passage toujours de nouveau possible d’un de ses jeux à un autre. La “solitude” où je “me” trouve me reconduit vers les autres, vers l’expérience d’autres formes de la relation sociale, en dehors des codes établis. Le moi se noue et se dénoue, d’un code à un autre. L’échelle de ces variations est la subjectivité.» (Wikipedia).

Dans cette grande salle carrée couverte de parquet, d’où l’on voit les toits de Prenzlauer Berg et la nuit qui doucement les découpe, j’étais contente d’entendre et de rencontrer une copine de recherche si belle et élancée. Une femme ! qui recouvre désormais ma ville d’une lumière très douce. Hâte de la retrouver !

  • Michel Carrouges “Les machines célibataires”, Le chêne, 1975 (édition augmentée, notamment de 4 lettres de Marchel Duchamp)
  • Harald Szeemann (dir.), “Les Machines célibataires / Junggesellenmaschinen” – Venise, Biennale, exposition du 6 septembre au 30 octobre 1975 – Malmö Konsthall, sept-oct 1976, Alfieri editore, 1975, avec des textes de Michel Carrouges, Gilbert Lascault, Jean-François Lyotard, Jean Clair et Marc Le Bot
  • Arearevue)s( numéro 11, “Vinci d’aujourd’hui : délirantes ou célibataires, les machines dans l’art”, 2006.
  • Pierre Hemptinne, “Courir dans le monochrome”, Comment c’est, 2010 / peinture : Yves Klein
  • Egalement : Duchamp, Caradec, Fulcanelli, Einstein, Poincaré

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